Toto + Christopher Cross @ Paris le Zénith, le 12 février 2025.
Live Report par : Olivier Carle & images par : Olivier Girard – Phot “O“ Live


7 mois à peine après son dernier passage à Paris, Toto est de retour mais au Zénith cette fois. Steve Lukather nous rappellera d’ailleurs son attachement à cet endroit puisque son groupe y est passé un bon nombre de fois. C’est d’ailleurs dans cette salle que je les ai vus le plus souvent à titre personnel… Ce soir sera donc mon 13ème concert des Californiens depuis leur premier passage dans la capitale en 1982 à l’Hippodrome de Pantin, pour la tournée légendaire « Toto IV », qui restera gravé à jamais dans ma mémoire !


Mais une autre légende est aussi présente au Zénith en la personne de Christopher Cross, celui-là même dont la carrière a côtoyé celle des musiciens de Toto surtout à ses débuts. A cette occasion il est accompagné par des musiciens essentiellement français.


On retrouve notamment Lisbet Guldbaek aux chœurs et Kevin Reveyrand à la basse, tous deux membres de Dr Wu, l’excellent Tribute Band hexagonal de Steely Dan que j’avais découvert l’année dernière au New Morning en 1ère partie et en Backing Band de Bill LaBounty. Comme quoi la boucle « californienne » est bouclée et ce notamment grâce à Jean-Luc Leonardon, Leader de Dr Wu et grand amateur de ce genre musical… Et puis ma chère Julia Sarr aux chœurs également et avec qui j’avais collaboré il y a une trentaine d’années, pendant mes années RCA, pour sa participation à l’album de Lokua Kanza. Je l’ai d’ailleurs revue avec grand plaisir il y a peu à Guyancourt dans son propre répertoire. J’ai aussi été particulièrement impressionné par la prestation du pianiste mauritien Jerry Léonide dont le style très Jazzy accompagne à merveille les mélodies langoureuses de CC.


Quant au Leader, il a toujours cette voix unique qui sied si bien à son Soft Rock classieux. Et malgré ses récents ennuis de santé liés au Covid, il sait encore manier sa guitare avec dextérité et se lancer dans des soli tout à fait convaincants. Il faut se rappeler que dans ses jeunes années il avait été amené à remplacer brièvement Mr Blackmore au sein de Deep Purple lorsque Ritchie était tombé malade à la veille d’un concert du Pourpre Profond, c’est dire ! En un peu moins d’une heure, Christopher Cross va délivrer un Set exemplaire devant un parterre très sage mais admiratif du talent de l’Américain. Bien évidemment ce sont les morceaux les plus connus que sont « Sailing » et « Ride Like The Wind » qui obtiendront le plus de succès…


Vers 20h50, c’est au tour de Toto de s’emparer de la scène du Zénith parisien. Steve L. est toujours très bien entouré avec le fidèle Joseph Williams au chant, sur la gauche les claviéristes Greg Phillinganes et « le petit nouveau » Dennis Atlas, au centre, derrière ses percussions, le talentueux multi-instrumentaliste Warren Ham et à droite la section rythmique composée de John Pierce à la basse et du très bon Shannon Forrest à la batterie. Les mêmes qu’au Dôme de Paris il y a quelques mois donc… La Setlist a été un peu modifiée avec l’ajout de quelques titres plus rarement joués dans la carrière des Californiens.


C’est parti pour près de 2 heures de Hard/Prog’/Pop/Blues/Rock avec l’incontournable hymne instrumental qui ouvrait le tout premier album de Toto en 1978 « Child’s Anthem » et on comprend d’ores et déjà que ce concert va être grandiose ! On enchaîne avec un souvenir de mes années CBS, « Carmen » issu d’« Isolation » de 1984, et je suis aux anges d’autant que Mr Lukather est dans une forme olympique.


Il nous rappelle son bonheur de jouer de nouveau dans la ville de cœur de Toto et particulièrement au Zénith qui les a vus passer si souvent pour notre plus grande joie. Il faut d’ailleurs rappeler que l’histoire d’amour entre les Californiens et la France ne date pas d’hier à tel point que le groupe fut signé à une époque par la filière hexagonale de la maison de disques CBS, un privilège rare ! On reste dans les prénoms féminins avec le très attendu « Rosanna » qui Groove toujours autant et pousse le parterre à se mettre debout au grand dam de la très pointilleuse sécurité qui sera amenée à intervenir plusieurs fois tout au long de la soirée. On continue avec une petite rareté « Mindfields » issue de l’album du même nom et que Steve dit avoir beaucoup de plaisir à jouer pour la première fois sur scène pour cette tournée « The Dogz Of Oz » de 2025. Rythmique Reggae et mélodie accrocheuse qui prouvent qu’on peut encore découvrir de nouvelles facettes de Toto en Live. Comme l’année dernière, Steve lance « Pamela » de « The Seventh One » (1988) en rappelant qu’il s’agit d’une vieille connaissance de Joseph que celui-ci n’arrive toujours pas à oublier après toutes ces années. Il faut dire que le pauvre Joe était à fond dans la drogue à l’époque, ce qui lui a valu d’être viré du groupe après la tournée. Il fut ainsi le troisième chanteur à être viré de Toto en 10 ans d’existence après Bobby Kimball et Fergie Frederiksen. Son successeur Jean-Michel Byron ne restera d’ailleurs pas bien longtemps non plus, prouvant une fois de plus que les relations entre les frères Porcaro et les chanteurs sont loin d’avoir été un long fleuve tranquille ! Heureusement la situation est maintenant normalisée et Joe a repris sa place au sein du groupe. Mais revenons à la Setlist ! C’est l’heure de la ballade « qui tue », longuement introduite par un très beau solo de Greg Phillinganes, « I Won’t Hold You Back » de l’album « IV » (1982) avec une multitude d’écrans de Smartphones éclairés dans la salle et qui nous rappelle que Steve L. est un redoutable faiseur de tubes planétaires. Mais voici qu’arrive l’heure de gloire de Dennis Atlas qui va nous démontrer ses talents de vocaliste de Hard FM et de potentiel Frontman avec « Angel Don ‘t Cry », second extrait de mon album fétiche « Isolation ». Visiblement Steve croit beaucoup en Dennis en lui donnant plus de latitude et en nous expliquant que le groupe va participer à l’album solo de ce jeune prodige des claviers qui a remplacé l’année dernière Steve Maggiora en moins de 24 heures sur les conseils avisés de Bumblefoot. Bonne pioche en tout cas… On enchaîne avec le Groovy « Georgy Porgy » qui demeure toujours un grand titre du premier album et du répertoire de Toto mais sur lequel manquent cruellement selon moi des chœurs féminins comme ceux de Cheryl Lynn. Mais voici que Dennis s’empare de ses claviers pour lancer l’un de mes morceaux favoris que le groupe n’avait pas daigné jouer l’année dernière au Palais des Sports, le fabuleux « White Sister » de l’album « Hydra » de 1979. Une version haute en couleur avec un solo d’anthologie de Steve pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans dont je fais partie. Après ce moment d’extase bien Rock retour à la case « ballade » avec le tubesque « I’ll Be Over You » de « Fahrenheit » (1986) qui nous rappelle plein de souvenirs… « I’ll Supply The Love » nous replonge lui dans les tout débuts de Toto avec son refrain repris en chœur par la foule et cette légendaire accélération en fin de morceau de la guitare et des claviers qui frôle l’orgasme musical. Même si Shannon a joué avec les plus grands noms de la Country (y compris Taylor Swift comme Steve le rappellera un peu plus tard dans la soirée) et du Rock californien, son solo de batterie m’a paru un peu superfétatoire… On en vient à l’un de mes albums préférés « Kingdom Of Desire » de 1992 mais malheureusement pas avec le titre éponyme que je vénère, le groupe lui préférant un très convenu « Don’t Chain My Heart » que je ne prise guère.


Pour introduire ce morceau, Steve rendra un hommage vibrant à Jeff Beck en empoignant sa propre Stratocaster qu’on lui a prêtée et en nous expliquant que d’autres musiciens triés sur le volet comme Billy Gibbons ou John Mayer ont également eu le privilège de jouer sur cet instrument mythique ! Puis il nous présentera comme à l’accoutumée les musiciens de Toto avec des C.V. longs comme le bras, des anecdotes sur leurs parcours communs et des extraits musicaux pour illustrer la carrière de chacun comme « Beat It » de MJ, « I Keep Forgettin’ » de Michael McDonald, « The Power Of Love » de Huey Lewis, « Hakuna Matata » (pour Joe), etc. On reste ensuite dans l’archi-commercial avec « Stop Loving You » (1988) avant de revenir aux choses sérieuses avec l’incontournable « Hold The Line » qui remet les pendules à l’heure avant un « Africa » très attendu, on s’en doute ! Étonnement pas de rappel à la fin de cet ultime tube, comme si le public avait obtenu tout ce qu’il voulait… Tout le monde quitte le Zénith sans demander son reste. Bien sûr la bande sonore diffusée dans les enceintes a pu en décourager certains mais cette passivité de l’assistance m’est apparue à l’opposé de ce qu’on est susceptible d’attendre de la part de fans d’un groupe de Rock qui fêtera bientôt son demi-siècle d’existence…

Mais ne boudons pas notre plaisir, la soirée fut très réussie et la prestation de ces musiciens hors pair largement à la hauteur de nos espérances ! Merci Mr Lukather de continuer de porter à bout de bras ce groupe légendaire qu’est Toto

Merci à Lucas, Sabrina et Simon


Steve Lukather & Olivier Girard – Phot “O“ Live


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